| L'auteur | La course | |||
| Kikoureur : Ben64
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| Ce récit a été lu par
247 visiteur(s) ! Distance : 26 kms Matos : Objectifs : Terminer |
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| L'anaventure c'était dur... | ||||
8H00, départ de Montpellier. La météo annonce de la pluie, du vent à 60 km/h, bref un temps pourri. Dehors le ciel est noir d'encre, les nuages bas défilent à l'allure d'un pottock (petit cheval basque) au galop.
J'ai pas fait 200 m depuis le garage que les premières gouttes viennent lécher mon pare brise. Tant pis, ça sera encore plus croustillant me dis-je...
8h30, arrivée à Gignac, charmante bourgade qui m'était inconnue auparavant. A peine le temps d'aller chercher mon dossard, un petit échauffement, qu'il faut se rendre sur la ligne de départ. Tandis que les participants se regroupent, la pluie tend à se renforcer un tant soit peu. Bref, la journée s'annonce splendide...
Pan !! c'est le départ, une fois passés les premiers accrochages accompagnés des "pardon", "pardon" traditionnels, le peloton s'étire et les kényans s'échappent sur le macadam. Au bout de deux kilomètres la pluie s'intensifie encore, accentuant le poids de mon camelbak sanglé sur mon dos. Mes chaussures se remplissent aussi, je sens arriver la galère... Les coureurs sans matériel dépassent les autres (ah bon je croyais que c'était obligatoire le camelbak et les barres énergétiques?). Plus les kilomètres défilent, plus mes jambes se font lourdes. Est-ce le poids de mon matos et mes vêtements trempés qui me font penser que j'ai une enclume dans le sac a dos? Ai-je mis des boulets sur mes chevilles pour voir tout le monde me doubler? Peut être est-ce dû au vent pleine bille qui gonfle mon kway et m'oblige à redoubler d'effort pour mettre un pas devant l'autre? Mais le vent c'est le même pour tout le monde... J'ai l'impression de pas avancer, et à voir le nombre de concurrents qui me dépassent, je crois bien que ce n'est pas qu'une impression. Tiens, voila mon ventre qui fait des siennes et s'ajoute à mes douleurs "molletaires" (sisi). C'est parti pour la galère...
A chaque côte je ne peux plus courir, comme si je tirais le peu de concurrents qui restaient derrière et avaient eu l'obligeance de ne pas me doubler. Les plats, j'allonge, les descentes (mon point fort), je n'arrive même pas à relancer, preuve que je suis vraiment dans un jour "sans". C'est pas la peine me dis-je, ne va pas te mettre carbo pour essayer de remonter le groupetto. A défaut, je tenterais de tenir la meute à distance. Enfin, le peu de coureurs qui restent derrière moi...
Dernier ravitaillement, le bénévole me dit qu'il reste 9 km. J'ai fait plus de la moitié, mais m'en reste quand même beaucoup. ça descend pendant 3 km me dit-il. J'en profite et me refais une santé dans la descente, j'arrive même à doubler 2 ou 3 concurrents. Le plat revient, et la souffrance grandit encore. Mes mollets se font plus durs, mes cuisses me font souffrir le martyr, je sens les crampes qui pointent le bout de leur nez (que dis-je, des crampes avec un nez?...). Bref, je continue de tracer mon chemin quand je rattrape un concurrent qui va à la même allure que moi. J'engage la conversation et lui demande fatidiquement : c'est encore loin l'arrivée? Une chance, c'est un gars du coin! "Il reste 3, 4 km!" Je souris dans ma tête, ma bouche n'esquissant qu'un rictus de souffrance. On chemine ensemble 2, 3 km quand je sens mes jambes se tendre comme des piquets. Mes foulées se font plus petites, mon camarade s'éloigne. Tant pis me dis-je plus qu'un ou deux km. le goudron reprend sa place, mais je ne vois toujours pas l'arrivée... J'aperçois un bénévole au bord de la route m'indiquant le chemin. Je lui demande combien de bornes il reste à parcourir, il me répond 3... Je pense au camarade du coin, et le remercie d'avoir raccourci les distances... Il en restait 3, et il en reste 3, à n'y rien comprendre! J'aperçois un cycliste, l'idée de lui faucher son deux roues me traverse l'esprit. Allez, faut que je me reprenne, je n'ai jamais lâché, alors ce n'est pas aujourd'hui que je vais commencer.
Une dame m'encourage et me dit que je suis au dernier kilomètre. Je sens mon corps se relâcher d'un coup, à croire qu'il n'attendait que d'entendre ça. Une petite descente, et hop j'aperçois l'arrivée, j'accélère un peu et passe la ligne en jetant les épaules histoire de grapiller quelques centièmes au scratch. Non je plaisante, évidemment. Je me présente au ravito et descend une litrée de coca qui se présentait devant moi. La journée en enfer se termine, trempé jusqu'aux os, et meurtri au plus profond de mes muscles.
La matinée s'achève par la remise des prix et un buffet froid gargantuesque mis à disposition par l'organisation. Le muscat passe tout seul, le sandwich au jambon de même. J'ai bien mérité ça, à défaut de truster le podium. Des bénévoles prennent le micro, et entonnent une chanson à la gloire du président (non pas sarko!) de l'association organisatrice qui vient d'annoncer son retrait. Les 500 personnes présentes reprennent le refrain, le président lache une larme.
Voilà une bien belle journée qui vient de s'offrir à moi. Je n'ai pas vu le soleil, encore moins le paysage mais j'en repars des souvenirs pleins la tête.
L'année prochaine c'est sûr je reviens!
Commentaires
merci pour ton récit, je te rassure, la course fut difficile pour tout le monde...
A bientôt sur une autre course et surement à la salvetat le 1 mai pour le 50 kms
a+
clovis34
Sympa ton récit, j'avais l'impression d'avoir les pieds mouillés aussi !!
y a des jours avec, et des jours sans... mais t'as eu le courage de t'accrocher malgré les mauvaises sensations et la météo !
Fais bien chauffer les mollets pour hirukasko ;-))
A+
Clovis, on se retrouve à la Salvetat. Maïlys, j'espère qu'on se verra avant que tu déménages en Savoie. Quant aux 3 kikous vauclusiens, on aura sans doute l'occasion de courir ensemble lors d'un trail dans la région.
A bientôt
Ben
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